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BLANCHE NEF
(white ship)
Il est 11 heures 30, ce soir du 25 novembre 1120, et
la Blanche Nef
sort du port de Barfleur, voguant vers son destin qui va modifier le cour de
toute l'histoire de l'Europe médiévale.
Mais revenons quelques années plus tôt, quand
guillaume le bâtard, fils d'un duc normand et d'Arlette, elle même fille d'un
tanneur de falaise, décide d'attaquer l'angleterre.
Il part lui aussi de Barfleur, à bord de son navire
"Le Mora" et débarque en Angleterre le 14 octobre 1066 pour attaquer
les troupes du roi Harold, avec l'aide de 4 à 6000 de ses hommes accompagnés de
ses chevaliers qui donneront une tournure décisive à ce combat
Il gagne donc la fameuse bataille d'Hastings contre
les anglo-saxons et devient alors Guillaume le conquérant, roi d'Angleterre,
succédant ainsi à Harold, tué lors du combat.
Tout ceci est bien sur consigné sur la première
bande dessinée de l'Histoire, la célèbre tapisserie de Bayeux, la tapisserie de
la reine Mathilde, femme de Guillaume.
Peu après, le jour de Noël 1066, Guillaume et
Mathilde sont couronnés roi et reine d'Angleterre à l'abbaye de Westminster, à
Londres.
Les conquérants normands se partagent les
seigneuries anglaises.
Ils éliminent la noblesse issue des précédents
envahisseurs, les Angles et les Saxons, et ils introduisent leur langue
d'adoption, le français.
Protégées par leur insularité, les populations du
royaume ne vont pas tarder à fusionner en un seul peuple.
Le roi Guillaume a une fin de vie difficile. puis
meurt en 1087 dans un combat contre le roi de France, le capétien Philippe 1er.
C'est le début d'une longue hostilité :
pendant 800 ans, les deux pays ne cesseront
pratiquement jamais de lutter l'un contre l'autre.
Guillaume sera, après sa mort, surnommé le
Conquérant.
Lui-même refusait ce surnom!
Il se considérait comme l'héritier légitime de la
couronne anglaise et non comme un usurpateur ou un conquérant.
Sa descendance directe règnera sur l'Angleterre
jusqu'à ce terrible soir de Novembre 1120 au large de Barfleur.
Nous sommes donc le 25 Novembre 1120, et sortons du
port de Barfleur à bord d'un grand
vaisseau:la Blanche Nef.
Et nous transportons à notre bord les fils du roi
d'Angleterre Henri 1er, mais aussi presque l'ensemble de la noblesse normande,
chargés de toutes les valeurs qu'ils pouvaient transporter, bijoux, pièces d'or
et pièces d'argent.
Un fabuleux trésor !
Henri 1er était en fait le fils cadet de Guillaume
le Conquérant qui débarque triomphalement en Angleterre 54 années plus tôt.
Le 25 novembre 1120, pour rejoindre l'Angleterre,
après un festin copieusement arrosé scellant la réconciliation franco-normande,
il fait donc embarquer à bord dela Blanche Nef, son fils unique et légitime
Guillaume Adelin, héritier de la couronne d'Angleterre accompagné de nombreux
jeunes nobles descendant des familles d'Allemagne et de Normandie.
Mais la soirée à été bien arrosée, trop
certainement, et autant l'homme de barre, pilote local pourtant que l'ensemble
des passagers sont tous ivres-morts à bord du vaisseau.
Le roi Henri passe en premier et sort de l'anse de Barfleur,
en faisant Cap au nord est pour éviter les nombreux écueils affleurants.
Il file vite, aidé par une bonne brise de terre, et
distance rapidement la blanche nef qui le suit à quelques encablures derrière.
A bord dela
Nef, les jeunes ducs se sentent provoqués par cette manœuvre
et ordonnent à Thomas l'homme de barre de couper au plus court, vers le Nord,
vers la pointe de Gatteville, là où avec la marée descendante, les vagues
commencent a friser sur un gros récif, le rocher Quillebeuf à moins d'un mille
dans le nord.
Quand tout a coup un sourd craquement se fait
entendre sur tribord.
Mais revenons à la journée qui a précédé ce terrible
drame.
Henri Beauclerc, roi d'Angleterre, avait alors à
Barfleur un Château, et nous y sommes ce 25 novembre 1120, lorsqu'il fait
appeler son fils Guillaume et le reçoit dans sa somptueuse' salle de réception.
"Qui a t il donc Père" demande le jeune
Prince.
Beauclerc lui répond alors d'un ton grave :
"Si le vent est favorable nous devons partir ce
soir pour l'Angleterre et rejoindre Londres au plus vite".
"Je le savais répondis guillaume, les marins en
parlent sur le port, mais ils disent aussi, que le vent vas tomber avec la
nuit.
Ils sont tous partis boire et chanter dans les
tavernes,
Même le capitaine, le vieux Stephen Feltz est lui
aussi complètement ivre."
mais le roi s'entête, et donne l'ordre à son fils de
rassembler l'équipage, pour sortir su port à la tombée de la nuit.
Et c'est ainsi que le petit fils de guillaume le
conquérant, annule la partie d'arbalète qu'il avait prévu avec un prince
allemand, et rassemble es marins pour se tenir prêt à suivre le vaisseau de son
Père "le royal Tigre" dès que l'obscurité se fera.
En plus de ses cousins il a une charge bien plus
importante puisqu'il est également chargé de veiller sur sa sœur marie et son
jeune frère Richard.
Le roi donne alors une ultime recommandation: La
blanche Nef doit voguer à la suite, presque dans le sillage du royal tigre.
Peut après, dans le courant de l'après midi, le roi
accompagné de 200 chevalier embarque sur le royal tigre et se prépare à
l'appareillage.
Maisla Blanche Nef n'est toujours pas prêtes et il
s'impatiente, cela fait quatre longues années qu'il n'est pas rentré en
Angletrerre, mais que faire devant un tel équipage de jeunes duc tous plus
ivres les uns que les autres.
Barfleur pourtant habitué à ces visites royales est
aujourd'hui en effervescence.
Jamais on autant vu de noble, de ducs, et de
chevaliers, dans ce port pourtant prospère en ce début de millénaire, et c'est
la fête à tous les coins de rue, Mais la nuit approche et le roi contraint une
fois de plus son fils à embarquer surla Blanche nef
La ville de Barfleur est en effervescence ce jour
d'automne 1120, car le roi d'angleterre Hendi Beauclerc, fils de guillaume le
conquérant, est présent, accompagné de toute sa famille, mais aussi de
plusieurs centaines de chevalier normands.
Ils se préparent tous à regagner les cotes anglaises
à bord de deux grand vaisseaux. Le royal tigre etla Blanche Nef, Le royal
tigre emporte le roi, sa cour et 200 chevalier, etla Blanche nef la famille du
Roi, ses enfants, guillaume, richard et marie, accompagnés de la noblesse
normande et allemande, mais aussi de 200 chevaliers.
Le roi est pressé, cela fait quatre ans qu'il est
sur le continent et n'a pas rejoint son royaume.
Mais les marins de la blanche nef ne pensant pas
partir ce soir, ont passé la journée à s'enivrer dans les tavernes de la ville.
En fin d'après Midi Beauclerc, le roi, embarque sur
le royal tigre, mais au mome,nt d'embarquer, un homme s'approche, il s'appelle
Thomas Airard et c'est le fils d'Étienne Airard qui emmena Guillaume le
conquérant 54 ans plus tôt à travers la Manche , vaincre les anglo saxons à
hastings.
Tout comme son père, il est pilote, et propose ses
service au navire rOyal, mais henry 1er, a déjà un pilote, aussi il lui répond:
Pour faire droit à ta requête et ainsi honorer
Étienne Airard, qui a conduit le conquérant sur le sol de l'Angleterre, je veux
te confier ce que j'ai de plus précieux,.
C'est toi qui conduirala Blanche nef sur laquelle
se trouverons mes deux fils, et ma bien aimée fille marie, mes chevaliers et
mon trésor.
Demain, à ton arrivée de l'autre bord du canal, je
récompenserait tes soins.
Puis le roi embarque, enfin, sur le royal Tigre, il
est déjà tard, la nuit est tombée.
Une petite brise de terre vas permettre aux voiles
de se déployer, quelques coup de rames sortes le vaisseau hors du port.
Henri premier, et son équipage font route vers
l'Angleterre, prudemment, cap au nord est pour éviter les terribles récifs de
la baie de Cate, que l'on appelle aujourd'hui Gatteville.
Mais Guillaume surla Blanche nef, tarde encore,
comme si il ressentait la tragédie qui va se produire à quelques encablures de
là et voulais reculer son départ jusqu'au dernier moment.
ça y est le roi est parti!
Henri premier, à bord du Royal Tigre, a quitté le
port de Barfleur emportant avec lui une partie de sa cour et plus de cent
chevaliers normands.
Son fils Guillaume est sensé le suivre à bord du
fleuron de la flotte Normande, le vaisseau "blanche nef" mais
l'équipage perdu dans les tavernes du port depuis le début d'après midi est dur
à rassembler.
Et puis c'est la cohue, les abbés, les ducs, les
évêques, les barons et les princes, embarquent sur le navire, et veulent rester
sur le pont.
Seuls quelques chevaliers restent sur la quai ne
voulant confier leur vie a des hommes privés de leur raison.
Il est donc plus de 10 heure du soir quand Thomas
Aivrard, le pilote, fils d'Etienne pilote de Guillaume le conquérant 54 ans
plus tôt, donne le signal d'appareiller.
50 rameurs plein de force , mais aussi de vin ,se
courbent sur leur rame et font avancer la nef.
L'équipage s'élance à la manœuvre.
La blanche nef s'éloigne du rivage sous les
acclamations de plus de milles spectateurs.
Courage crie le pilote, Thomas, à la barre, il faut
rattraper le Tigre Royal qui est déjà loin.
Nous le rattraperons hurles les cinquante rameurs.
Puis Thomas, pourtant habitué à ces cotes
dangereuse, mets le cap au nord dès la sortie du port, afin de couper la route
au vaisseau royal qui a déjà beaucoup d'avance.
Le navire file très vite, porté par les vents de
terre et les coups de rame de l'équipage, mais il fait nuit noire, et pas moyen
de voir le récifs qui commence à se recouvrir par la marée montante.
Tout a coup la blanche nef stoppe brusquement, dans
un grand craquement sur tribord.
Les marins et les passagers tombent et roulent sur
le pont, c'est la panique à bord, nous sommes à peine à1 km de la cote et gère plus
loin du port ou la fête continue sans savoir qu'une terrible tragédie à lieu au
m^me moment et que le cours de l'histoire est en train de changer à quelques
encablures de là
La Blanche à heurté un rocher dans le nord du port de
barfleur, à moins d'un mille dans le nord.
A bord , c'est la panique alors que le navire est en
train de se remplir d'eau, et que la mer monte.
La mer est plutôt belle, mais chaque vague embarque
dans la nef, ne laissant que peu de chances aux passagers et marins, rapidement
désoulés.
Beaucoup se jettent à l'eau, croyant pouvoir
regagner le rivage, mais nous sommes ne Novembre, et le froid et la mer ont
raison d'eux.
Certains s'accrochent à ce qui reste, les mats, le
bastingage, mais rien n'y fait,
La blanche nef est en train de couler.
Seul Thomas, le pilote, en partie responsable de
cette tragédie, attrape le canot arrimé à la poupe, et tente de sauver le jeune
prince guillaume, en l'agrippant et le jetant dans le canot.
Guillaume, a moitié estourbit ne se rend pas compte
tout de suite, mais lorsqu'il reprend ses esprits, il se rend compte qu'il est
seul et à perdu son petit frère et sa bien aimée sœur.
Il ordonne à thomas de revenir vers l'épave, à
moitié engloutie, afin de sauver sa famille et surtout marie qu'il l'appelle,
accrochée au mat du navire.
Thomas ne veux pas sachant que trop de naufragés
vont s'accrocher au canot, trop petit pour les emmener, et couler celui-ci.
"Pilote, il fait sauver ma sœur ou mourir avec
elle" dit alors guillaume d'un ton bref et impératif.
"alors tout et finit, murmura Thomas"
Ils reviennent donc vers le navire empalé sur le
rocher quillebeuf, et ce qui devait arrivé arriva, les rescapés se jettent tous
dans le canot, et lorsqu'un chevalier en arme embarque à son tour, il coule
entraînant avec lui le prince guillaume lais aussi la princesse marie qui avait
résussit à sauter à bord.
De ce deuxième naufrage seul thomas remonte à la
surface, mais n'aperçoit plus que les deux mats dela Blanche Nef, posée sur
le fond.
Deux hommes sont cramponnés à ces mats et
l'appellent.
mais Thomas, ayant faillit à sa mission de veiller
sur la famille royale se laisse aller dans les flots, il a juste le temps de
reconnaître le boucher du bord, Berold, agrippé au mat de l'épave du vaisseau
royal.
La Blanche nef est maintenant coulée, sur le récif de
quillebeuf, au large de barfleur.
Elle a entraîné avec elle la plupart des ducs de
Normandie mais surtout la famille de henri 1er beauclerc roi d'Angleterre, ses
fils Guillaume et Richard et sa fille Marie.
Thomas, le pilote, à préféré mourir , ayant faillit
à sa mission.
Seuls deux hommes restent maintenant agrippés au
mats du navire qui repose par une quinzaine de mètres de fond au large de
Barfleur.
il s'agit de Geoffroy de L'aigle, noble chevalier,
et du boucher du bord, Berold.
Il est plus de minuit, et la mer est calme, mais il
fait très froid en cette fin Novembre.
Vers deux heures du matin Geffroy lâche prise épuisé
et tombe à la mer, "Courage" lui dit Berold, nagez jusqu'à moi et je
vous sauverais.
Trop tard, le jeune chevalier disparaît à son tour
dans les flots glacé, de la baie de Cate, que l'on appelle Gatte ville
aujourd'hui.
Et puis la mer est descendu, et Berold est lui aussi
descendu de son mat pour se reposer quelques temps sur le rocher effleurant
espérant que de la cote on l'apercevrait au jour.
La nuit fut longue pour Berold, mais dès le
lendemain les corps des malheureux sont arrivés à la côte et les marins du port
ont rapidement compris qu'une tragédie avait eu lieus non loin de là et se
mirent en recheche de survivants.
Il retrouvent Berold de nouveau accroché au mat,
puisque la mer avait remontée, le secourent et le ramènent à Barfleur.
Toute la journée durant la population de Barfleur,
ramasse les cadavres sur la plage, et les place un a un sur les tables
utilisées la veille pour les libations.
Mais nous verrons plus tard que ce n'est pas leur
seule préoccupation.
Du naufrage immédiat, dont ni du navire du roi, ni
de la terre, on ne s'était aperçu, périrent noyées 193 personnes dont 140
chevaliers.
Et le trésor des ducs de Normandie était englouti là
par une quinzaine de mètres de fond, au large de Barfleur
La légende dit que pendant les onze années pendant
lesquelles Henri 1er vivra encore, il ne sourira jamais plus.
Une épave émergeant sur le rocher de quillebeuf
Près de deux cent disparus dont 104 chevaliers.
Une trésor fabuleux englouti à quelque mille de
Barfleur
Et un seul rescapé, le Boucher du bord, Berold.
Voilà ce qui reste dela Blanche nef, en ce 26
Novembre 1120.
Largement de quoi alimenter pendant des siècles les
légendes des chasseurs de trésors de tous horizons.
Robert Stenuit est l'un de ceux là, c'est même
quasiment le meilleur et cette période de fin des années 1970.
Bien entendu il s'intéresse àla Blanche nef et son
fabuleux trésor, et passe de nombreuses années, comme à son habitude, à
rechercher d'abord, dans les archives, avant d'aller plonger.
un peu le contraire de ce que je fait moi même….
En 1999 il écrit même, en préface d'un ouvrage sur
les épaves que j'ai eu le plaisir de réaliser:
"Ce trésor, ces pièces d'or, cette argenterie,
je les avais notés, estimés, convoités, mais moins peut être que toutes les
bourse d'or et les chaînes d'or des gentilshommes moins que les bijoux de leur
nobles compagnes"
Aussi, bien entendu, étant plus de la région de tous
ces fameux chasseurs de trésors, je me suis moi aussi intéressé au naufrage dela Blanche nef.
D'autant qu'enfant sur une vieille carte j'avais lu
comme annotation, près de Barfleur, "rocher quillebeuf ou naufrage de la
blanche nef"
Je suis allé plongé de nombreuses fois sur le rocher
Quillebeuf, et ai, tout comme Stenuit espéré y retrouver des reliques. surtout
qu'après avoir gratté sur le sable, j'ai trouvé ça et là, des morceaux de bois,
des chevilles en bronze. Bref des morceaux d'épaves.
Pour moi le trésor n'était pas loin !
Et puis un jour, j'ai fait la connaissance de robert
Stenuit et nous sommes devenus amis.
Je lui parle bien évidemment dela Blanche Nef, et il
sourit en me racontant sa propre histoire. Comment après des années de
recherches en archives il est arrivé à cette terrible conclusion:
Le navire et son trésor ont été renfloués !
Et là de me citer Orderic Vitalis et son Histoire
ecclésiastique:
"Quand les marins de la cote ouirent la
nouvelle du désastre, il s'en furent en quête du navire naufragé qu'ils
tirèrent au rivage avec tout le trésor du roi et on retrouva presque tout ce
qui avait été en le navire, à l'exception des hommes"
la déception fut grande, et j'ai alors compris que
j'avais trouvé les restes d'un autre naufrage bien plus récent: La luna!
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