|
ANDREA DORIA
Chronique sous marine


Lorsque je regarde les quelques souvenirs provenant du
fond que j'ai dans mon bureau, quelques uns sont plus empreint d'émotion et
d'histoire que d'autre.
Même si pour certain, la valeur vénale est indéniable,
il existe dans tous les cas une valeur sentimentale qui la dépasse.
En effet si j'ai eu l'occasion de plonger sur des
navires mythiques où les cales furent chargés de cargaisons de rêve.
Si certains de ces navires ont participé à de grandes
batailles navales.
Ceux qui dont le nom est célèbre et dont l'aventure
est resté gravée dans les mémoires des survivants sont souvent plus les sensibles.
Aussi aujourd'hui, mon regard se pose sur un verre et
une assiette gravés tous deux: ITALIA.
J'ai reçu cette vaisselle en cadeau de la part de deux
fameux chasseurs d'épave, Bryan Skerry et John Chatterton,
Et c'est aussi ce qui rend leur valeur sentimentale
encore plus importante
Ces deux objets, bien entendu, ni en or ou en cristal,
simplement en porcelaine et en verre, sont à mes yeux les témoins d'une
aventure maritime et sous marine extraordinaire qui s'est déroulée tout près
des cotes américaines, au large de New-York, plus précisément.
Le 25 Juillet 1956!
C'est en 1985 que je me rends à Brighton, sur la cote
sud de l'Angleterre, pour y effectuer un reportage sur le festival
international de recherche sous-marine.
Dans ce festival on y trouve a peu près tout ce qui
existe en matière de films, photos, matériel, le tout essentiellement sur les
épaves les plus recherchée de l'époque, tant pour leur attrait historique que
pour les valeurs qu'elles renferment.
Ainsi après avoir écouté avec attention le reportage
sur le renflouement du Mary Rose, navire du 16eme siècle coulé dans le solent,
avoir plongé virtuellement dans le lac Toplitz au
milieu des faux billets de banque largués par les allemands à la fin de la
guerre,
et surtout après avoir fait la connaissance d'une des
figures de la plongée sur épave de l'époque, Peter gimble, j'attend avec impatience
son histoire et son film sur un naufrage récent, datant de moins de trente ans,
chargée de mystère et peut être de trésor:
L'Andréa Doria !
L'andrea doria, est grand paquebot Italien est
construit par les chantiers Ansaldo à Gênes, puis lancé le 16 juin 1951 .
Il fait son voyage inaugural le 14 janvier 1953
C'est un navire de213 m qui avance 23 noeuds.
Il peut emporter avec lui 920 passagers et 572 hommes
d'équipage.
Andrea Doria était un amiral génois du 16eme siècle
qui commandait les flottes de François 1er et de Charles Quint.
Depuis la fin du second conflit mondial et ce jusqu'au
début des années 60, le trafic des passagers maritimes est à son apogée et ce
sont plus de 50 paquebots qui sillonnent les mers entre l'Europe et l'Amérique
du Nord.
1er bâtiment de l'Italia Line construit après la
seconde guerre pour les services en Atlantique Nord, l'ANDREA DORIA est le
symbole d'une renaissance pour la marine marchande italienne, et arbore
fièrement les couleurs de sa patrie sur sa cheminée.
Affecté à la ligne Gênes New York via Cannes et
Naples, en tandem avec son sistership CRISTOFORO COLOMBO lancé en 1953.
Ces 2 paquebots sont construits pour le Luxe et non
pour la vitesse, l'Aviation commence à se développer et les usagers qui
choisissent de gagner l'Amérique par la mer l'ont fait pour le confort tandis
que pour les passagers de 3ème classe il s'agit encore du moyen le moins cher
pour traverser l'Atlantique.
L'ANDREA DORIA, bateau récent est achevé en 1953, et outre
l'installation de l'air conditionné, il est équipé de 3 piscines de plein air, de
plusieurs bijouteries, d'un casino et 2 banques, de salles de bal, et de suites
très raffinées.
De par sa décoration avec de nombreuses œuvres d'art,
fresques, tapisseries, sculptures et miroirs, l'ANDREA DORIA est décrit comme
une "véritable galerie d'art flottante".
Mais surtout, il est équipé des dispositifs de
sécurité les plus moderne, 16 canots de sauvetage en aluminium prévus pour l'évacuation
de 2000 personnes, 2 écrans radar, technologie en plein essor directement issue
la seconde guerre et qui se répend, aujourd'hui aux navires de commerce.
Pourtant en cet été 1956, au mois de juillet, ce n'est
pas les radars qui seront en cause, mais leur interprétation par l'homme !
Dans la cabine 52, Linda Morgan, jeune américaine de
14 ans, joue avec sa demi sœur Joan, sur le pont supérieur, et attend
patiemment son retour à New York , pour y retrouver son pere , Edward,
journaliste et chroniqueur maritime à ABC Radio.
Dickie, 3 ans, de son vrai nom Richard Hall, est lui
aussi dans sa cabine et joue avec sa mère, l'actrice Ruth Roman.
Elle avait eu son heure de gloire, en tournent il y a
quelques années un film sur l'histoire d'une mère qui se sépare et perd son
enfant dans un accident d'avion.
Ils seront eux aussi bientôt à New York.
Avec sa coque divisée en 11 compartiments étanches, l'Andrea
Doria est dit insubmersible, les plans du navires sont été étudiés en ce sens, avec
l'expérience du TITANIC lui aussi réputé insubmersible.
Les cloisons étanches sont telles que même si 2 des
compartiments sont inondés cela ne modifie en rien la stabilité du bâtiment
tant que la gîte n'excéde pas les 20°.
Le 17 juillet 1956, sous le commandant Piero Calamai, l'ANDREA
DORIA quitte Gênes pour son 51ème voyage en direction de New York avec à bord 1706
personnes dont 1134 passagers et 572 hommes d'équipage.
Après une escale à Cannes il gagne Gibraltar pour
enfin passer les Açores et entrer dans l'Atlantique.
Le voyage depuis sa dernière escale se déroule avec
une météo très clémente et le capitaine espère accoster après 9 jours de mer au
port de New York à 09h00 le 26 juillet.
Le 25 juillet à 15h00 l'ANDREA DORIA navigue à sa
puissance maximum et file 23 nœuds.
Comme souvent il rencontre un banc de brouillard au
large de la côte du Massachusetts, car le courant chaud du Gulf Stream y
rencontre des eaux froides venant du Sud du Labrador.
Calamai ordonne donc de réduire la vitesse à 21 nœuds et
de faire retentir le sifflet, ultime mesure de sécurité dans ces conditions
Plus tard dans l'après-midi le brouillard
s'intensifie, réduisant la visibilité à ½ mille.
A 20 nautiques de là arrive bientôt le paquebot
Stockholm!
Il est près de 22h00 ce 25 Juillet 1956 et linda
Morgan est couchée, dans le lit superposé de sa cabine dort sa jeune demi sœur,
alors que leur mere et , Jane Cianfara se repose la cabine 54 , toute proche,
alors que son Mari Camille est dans la salle d'eau.
Tandis que près de sa maman, l'actrice Ruth Roman,
dort le petit Dickie.
Robert Hudson, Marin blessé de 35 ans, rapatrié sur le
Doria à son escale de gibraltar, dort profondément d'un sommeil sans rêves,
abruti par les sédatifs.
A 22h40 un signal sur l'écran radar annonce la
présence d'un autre bâtiment sur tribord encore à environ 17 milles se
dirigeant vers la trajectoire de l'ANDREA DORIA.
Ce qui s'appelle, en terme de marine faire
"route-collision"
L'officier en second estime que le navire étranger
croisera la route du luxueux paquebot à 1 mille sur tribord, Calamai ordonne
donc de modifier la route de l'ANDREA de 4° sur bâbord.
A 22h55, les 2 navires sont séparés de seulement 6
milles mais s'approchent l'un de l'autre à une vitesse cumulée de 40 nœuds.
Sur son écran radar le capitaine trouve que l'autre,
se rapproche plus que dangereusement.
Mais alors que faire, s'arrêter, virer à tribord,
virer à bâbord ?
- Captain virons
tribord, propose le second
- Non c'est bien
comme ça, il nous a vus! répond Calamai
Peu après 23h00, malgré le brouillard omniprésent, les
feux de navigation de l'autre navire sont repérés et estimés à 1 moins d'un
mille sur tribord.
- Il faut virer!
Insiste le second
Les lumières au loin se rapprochent de plus en plus!
Il sagit en fait du paquebot STOCKHOLM dela Swedish America Line, commandé
Gunnar Nordesson.
Un navire de160 metres de long,
transportant 750 passagers et faisant route vers Gothenburg en Suède..
Les 2 bâtiments sont tout proche. Le second trépigne
et ne comprend pas l'absence de réaction de son officier. *
- Capitaine, je
vous en conjure, il faut faire quelques choses.
Toujours pas de réaction de la part de Calamai.
De nombreux passagers sont maintenant endormis, et
d'autres regardent la fin du film "Foxfire" de jane Russel, quand le
STOCKHOLM, sentant l'éminence du danger modifie sa course pour éviter une
collision et vire….
à tribord
Les textes maritimes internationaux disent que dans un
cas de routes collision les 2 bâtiments doivent virer sur tribord.
Donc le Stockolm respecte les règles de navigations.
A bord de l'Andrea Doria le capitaine Calamai ne
réagit toujours pas, puis devant les suppliques de son second, donne enfin
l'ordre de virer.
- La barre à bâbord
toute! Hurle t il dans le porte voix en actionnant vigoureusement son
télégraphe.
- Mon dieux, il
est fou !, s'exclame le second
A 23h10, ce 25 juillet 1956, à environ 45 milles au SE
de l'île de Nantucket près de New York à moins d'un jour de la fin du voyage,
c'est le choc:
L'étrave du STOCKHOLM heurte le flanc milieu tribord
de l'ANDREA DORIA au dessous de la passerelle, ouvrant une brèche verticale sur
une hauteur de 7 ponts sur les onze laissant s'engouffrer un torrent d'eau ne
faisant plus aucune illusion sur le sort qui attendait le géant et ses
passagers.
Dans la salle a manger de la classe touriste le film
de Jane russell "Fox fire" n'es pas encore fini, quand d'un seul coup
la lumière s'éteint, provoquant un début de panique.
La cabine 52 où dort Linda Morgan et sa sœur Joan est
à tribord.
Leur parents Jane et Camille Cianfarra sont tout près
dans la cabine 54!
Linda est projetée, presque catapultée, contre
l'énorme masse de ferraille qui vient d'entrer dans sa chambre et dans ses
rêves:
L'étrave du Stockholm!
Sa sœur disparaît, comme instantanément avalée par un
monstre métallique. Elle ne reviendra pas.
Linda hurle appelle sa mère en Anglais, en Espagnol,
mais personne ne l'entend.
Jane est vivante mais gravement blessée, sa jambe est
cassée et elle ne peut bouger. Elle entend au loin la petite Linda pleurer, et
tout près son mari, Camille, puis plus rien.
Camille Cianfarra vient de mourir
En quelques minutes le liner accuse une gîte de 18
degrés,
Harry REA le chef Radio se précipite et lance un
message de détresse:
- "SOS – SOS Need immediate
assistance". Puis il donne la
position et le nom de son navire en danger
Pendant ce temps, le marin américain blessé, Robert
Hudson dort toujours!
-"SOS – SOS
Need immediate assistance", c'est le message lancé de l'Andrea Doria, par
Harry REA, le chef radio,à 11h17 ce soir du 25 Juillet 1956
Le message est capté par de nombreux bâtiments.
Et à 11 h 50, le paquebot français de 44500 tonnes
"Ile de France"et son commandant Raoul De Baudean, se déroute pour
porter assistance.
Le cargo CAPE ANN, le destroyer américain ALLEN, le
transport de l'US Navy WILLIAM H THOMAS et le tanker HOPKINS répondent
également à l'appel.
Seul un des compartiments du paquebot blessé est inondé mais contrairement aux prévisions de
ses concepteurs il prend rapidement une forte gîte qui ne fait que s'accroître jusque
ce que l'eau pénètre au travers des hublots des cabines.
Comme dans tous les cas de naufrages et de drames de
la mer, la mise à l'eau des canots de sauvetage est rendue fortement difficile
à cause de la gîte, ceux de tribord ont été détruits par l'impact sauf quelques
uns qui sont largués avec succès.
Le capitaine Calamai redoutant une panique à cause du
manque de canots viables n'ordonne pas l'évacuation.
A bord c'est pourtant déjà la panique, les passagers
sont projetés au sol lors de l'impact, certains couchés dans les cabines de
tribord sont tués sur le coup
C'est le cas de la petite Joan Cianfarra et de son
père Camille !
Dicky et sa mère, l'actrice Ruth Roman, choqué
paniqués, son pris en charge par un des cadets du bord, qui les entraîne à
toute vitesse vers les embarcations de sauvetage, Ruth tombe, et vois son fils
entraîné par le jeune marin.
Lorsqu'elle arrive près de l'embarcation et veux
embarquer à bord, on la repousse.
-No more
room! plus de place, lui fait t on
savoir tandis que l'embarcation s'éloigne.
L'eau ne cesse de monter et l'accès au pont supérieur devient
extrêmement laborieux.
Alors que le marin américain Roibert Hudson, dort
toujours, drogué par les sédatifs, le steward, Giovanni Rovelli passe devant
les restes des cabines 52, 54 et 56, il entend crier.
C'est la mère de la petite Linda Jane, coincée dans le
ferraille dont on ne sait si c'est les restes tribord de l'Andrea Doria, ou l'étrave du Stockholm.
N'écoutant que son courage Giovanni réussi s'approcher
Jane.
Il est maintenant Minuit en cet été 1956 au large de
New York.
L'étrave du Paquebot Stockholm est profondément
enfoncée dans le paquebot Andrea Doria, quand les secours, venu de toute part,
mais essentiellement du navire suédois arrivent
Sans aucune organisation d'évacuation, certains actes
d'héroïsme se déroulent il faut déplorer le mauvais comportement de certains
membres d'équipage qui se ruent vers les canots sans tenir compte des
passagers.
Avec le courant le Stockholm pivote et continue à
détruire les cloisons étanchent du Doria.
Son commandant fait alors machine arrière et parviens
à s'extraire du bâtiment, ouvert de haut en bas.
Pendant ce temps, un des matelots, Giovanni Rovelli,
se dépêche, d'arracher Jane Cianfarra, la mère de la petite Linda, blessée,
coincée dans la ferraille mais protégée par un des matelas.
Il y arrive avec beaucoup de peine après de longues
minutes.
L'actrice Ruth Roman pleure doucement sur le pont en
attendant qu'un embarcation soit disponible, elle viens de vour disparaître
soin fils de 3 ans.
Le STOCKHOLM envoie rapidement de l'aide bien que
lui-même endommagé.
A minuit et demi, une heure vingt après le drame, le
premier passager du Doria embarque sur le Stockholm, puis 532 autres suivrons
L'ILE DE France arrive sur zone à 2h du matin et récupère
760 personnes
le CAPE ANN en embarque 129, le WILLIAM H THOMAS 156
et le destroyer américain 76.
Sur le Stockholm, les secours s'organisent, mais il
faut également vérifier les dégâts causés par la collision.
Si il ne semble pas en danger immédiat, les dommages
créés par le choc sont extrêmement important:
L'étrave pourtant renforcée a presque totalement
disparu, ne laissant apparaître qu'un enchevêtrement de tôles déchirées, du
pont à la ligne de flottaison.
Heureusement, pas en dessous, mais c'est quand même
cinq hommes qui ont péris dans le choc.
Le Paquebot Stockholm est gravement endommagé, mais
toujours a flot, alors que l'Andrea Doria, ouvet en deux commence à giter
progressivement tandis qu'il se remplit d'eaux.
C'est l'été en nous sommes au large de New York, ce 26
Juillet 1956, il est près d'une heure du matin.
A bord du Stockholm, il faut évaluer les dégâts de
l'avant, totalement enfoncé.
Lors de l'inspection un des marins entend une petite
voix, très faible, se rapproche et n'en crois pas ses yeux et ses oreilles.
- mama, mama,
mama , c'est une petite fille qui
pleure, coincée dans les restes de l'étrave.
Qui est elle? Que fait elle là ? Jouait elle à l'avant
au moment de l'impact?
Le marin ne parle que Suédois et ne comprend rien à ce
que lui dit la petite, et bien que blessée très légèrement, il l'emmène à
l'infirmerie.
La presque totalité des personnes est maintenant
évacuée, mais le capitaine refuse toujours de quitter son navire espérant
pouvoir le faire remorquer et ainsi le sauver
Puis la gîte atteint 40°, il ordonne alors aux
derniers marins restés à bord d'évacuer, mais ceux-ci refusent de laisser seul à
bord.
A l'aube vers 05h30 Calamai se laisse convaincre et
embarque avec ses derniers hommes sur un canot.
Pendant ce temps, Robert Hudson, marin Américain,
Blessé au dos, dors toujours profondément dans l'hôpital de l'Andrea Doria,
quand tout à coup, pour on ne sais quelles raisons, il se réveille.
Il sent bien que quelque chose de bizarre est entrain
de se produire, le lit à de la gîte et quand il met les pieds par terre, le
sol;est mouillé .
Il coure alors dans la coursive, mais personne.
Il hurle, appelle, jure comme à son accoutumée, mais
toujours personnes, il monte les ponts tant bien que mal et arrive enfin sur le
pont supérieur où il comprend la nature du désastre.
Il attrape très vite une aussière qui pend le long de
la coque et hurle de plus belle à l'attention des navires de secours.
C'est le Tanker Robert Hopkins, qui l'aperçoit et le
récupère.
C'est le dernier passager de l'Andrea Doria.
Malgré l'importance des dégâts l'ANDREA DORIA reste toujours
à flots le lendemain de l'accident, 26 juillet 1956 à environ 200 milles au
large de New York.
Les pertes en vie humaine s'élèvent à 47 passagers et
équipages de l'ANDREA DORIA mais aussi 5 du STOCKHOLM.
Parmi ces passagers se trouvent, Camille Cianfarra, sa
fille Joan et sa belle fille Linda, toutes deux disparues dans la cabine 52 au
moment du choc des deux géants.
Sa femme, Jane, est sauve elle recueilli par le
paquebot français "ile de France"
Ruth Roman, pleure son fils, le petit Dicky, trois ans
disparus dans la pagaille. Elle ne sait pas encore qu'elle le retrouvera sur le
quai de New York.
Dès le lendemain du drame, les télévisons, les radios
et journaux du monde entier relatent l'affaire, et les plus proche se rendent
sur place pour filmer et photographier le paquebot couché, encore flottant.
Edward Morgan reporter à ABC Radio News de New york,
est plus que tout autre concerné par cette affaire et lorsqu'il relate le
drame, les larmes lui montent aux yeux.
En effet sa fille de 14 ans, Linda, a disparu dans la
collision et fait partie des victimes.
Et c'est 10 heures 10, lorsque le paquebot Italien est
définitivement engloutis par les flots que l'émotion atteint son paroxysme.
Edward commente doucement les derniers instant du
paquebot Italien, en pensant au corps de sa fille irrémédiablement engloutis
dans les flots.
A bord du Stockholm, de l'ile de France, et des autres
navires, les secours s'organisent.
La petite fille retrouvée sur l'étrave du Suédois,
n'est que très légèrement blessée et elle arrive à parler .
-Ou suis je, ou
sont ma mère et ma sœur, pourquoi ais je changé de cabine, que s'est il passé.
Et c'est alors que l'incroyable se produit, les
médecins comprennent qu'ils n'ont pas affaire à une des passagères du
Stockholm, mais bien à la petite Linda Morgan-Cianfarra, kidnappée dans son
sommeil par l'énorme monstre d'acier et retrouvée coincée dans l'étrave du
Stockholm.
Elle deviendra rapidement "la miraculée" de
l'Andrea Doria.
L'ANDREA DORIA repose maintenant 45 milles au SE de l'île
de Nantucket par 75m de fond et les navires arrivent au port de New York.
En 1956, Jacques Cousteau, explorateur sous-marin
plonge sur l'épave mais abandonne ses investigations jugeant la profondeur trop
importante, le danger par la présence de requins et les courants trop forts
pour tenter quelque opération de sauvetage.
Dans es années qui suivent la collision, de nombreux
explorateurs sous-marins tentent de nouvelles investigations et après de très
nombreuses opérations onéreuses seuls quelques objets sont retrouvés.
En 1966, Peter Gimbel, plongeur sous-marin américain
est engagé parla Marine Index
Bureau, pour inspecter l'épave, il l'explore et en rammènne des photographies.
En 1981, Gimbel devenu producteur de documentaires sous-marins
revient sur la scène. Il est de plus en plus convaincu qu'une fortune en or et
en bijoux se trouve à bord en sécurité dans le coffre-fort, n'oublions pas que
le paquebot offrait le service de bijouteries et de banques à bord.
Il estimet que 4 millions de dollars étaient
transportés.
Il organise une expédition pour filmer les restes de
l'Andrea Doria et se rapproche de la célèbre compagnie Oceaneering
International qui avait déjà travaillé sur l'épave du LUSITANIA.
Ils signent un contrat pour localiser et retrouver les
coffres.
C'est avec 25 plongeurs professionnels et des
équipements sophistiqués pour l'immersion en saturation que les opérations
débutent.
Après 33 jours d'investigation un des coffres de la
banque est trouvé.
Mais incapable de localiser le coffre du commissaire
l'expédition prend fin en septembre.
Le coffre remonté du fond est débarqué sur les quais
de New York, entouré de chaînes et transporté dans une banque à l'intérieur
d'une piscine remplie de requins, en attendant la fin de la bataille juridique
qui pointe à l'horizon
3 ans plus tard le 17 août 1984, le coffre est ouvert
devant les caméras de télévision et le regard attentif de millions de
téléspectateurs:
Tout ce qui en sort se résume à quelques devises en
billets.
|