AMOCO-CADIZ
Pétrolier libérien, super tanker Longueur 330m, tonnage: 234 000 tonnes
Le 16 Mars 1978 dans la matinée,
le pétrolier libérien Amoco-Cadiz, Capt. Pascale Bardari,
chargé de 219617 tonnes de pétrole brut iranien, en route
du Golfe Persique vers Rotterdam s'apprête à contourner Ouessant.
La tempête fait rage
comme souvent à pareille époque
avec des vents de secteur ouest atteignant 130 Kmh dans les rafales. A 9
h 45, survient une avarie de barre sur le pétrolier.
Très vite, le lourd navire ne pouvant plus gouverner vient en travers des lames et commence à dériver. Dans un premier message capté par Radio-Conquet vers 11 heures, le pétrolier demande l'assistance d'un remorqueur et se situe à 10 milles Nord d'Ouessant. Ce message est aussitôt répercuté sur le remorqueur allemand Pacific, Capt. Weinert, basé à Brest et qui remonte le Chenal du Four en direction du Pas-de-Calais. A 11 h 28, le Pacific fait une offre de service de type "Lloyd's open form"à l'Amoco Cadiz qui dans un premier temps la décline. S'ensuit une longue tractation sur le montant de l'assistance, ce qui retarde considérablement l'intervention du remorqueur. Lorsque le marché est enfin provisoirement conclu, le Pacific passe une remorque. Il est alors 13 h 15. Malheureusement la masse est trop énorme pour le remorqueur qui ne parvient qu'à freiner la dérive et dans une mer de plus en plus dure, la première remorque casse trois heures plus tard. Le vent est à présent plein ouest force 8, rafales 9 à 10 et le pétrolier à 5 milles de la côte. Une seconde remorque est prête après deux heures d'efforts et cette fois, le Pacific va tenter de remorquer le pétrolier par l'arrière. Mais dans les conditions particulièrement difficiles de cette seconde tentative, ce n'est que peu après 20 heures que le remorquage peut reprendre.
Le
Capitiane Bardari ordonne alors de mouiller l'ancre bâbord tandis
que le remorqueur essaie fébrilement de contenir l'infernale dérive
pendant une heure. Quelques minutes plus tard, l'arrière talonne
par 18 mètres de fond, ce qui provoque une voie d'eau à la
machine et la perte de l'énergie électrique. A 21 h 40, l'arrière
du pétrolier touche une nouvelle fois et cette fois, le pétrole
commence à s'échapper. Jugeant sa situation désormais
sans espoir, Bardari fait tirer des fusées rouges et vers 22 heures,
l'Amoco Cadiz s'échoue définitivement sur le récif
de Men Goulven, à un mille de la côte de Portsall vomissant
des flots de pétrole par ses flancs crevés. Tous les efforts
du Pacific ont été vains et l'une des plus grandes catastrophes
écologiques de la planète est en marche.
A 23 h 18, le
Capitaine Bardari envoie enfin son premier SOS, demandant une assistance
immédiate si possible par hélicoptère. Un hélicoptère
Super Frelon décolle alors de la base de Lanvéoc Poulmic et
fait route vers le pétrolier. Dans des conditions extrèmes,
trois opérations d'hélitreuillage permettent de sauver la
totalité des 44 hommes présents à bord qui sans cette
intervention étaient voués à une mort quasi certaine.
Dans le même temps, le Vice Amiral Coulondres, Préfet Maritime de Brest déclenche le plan Polmar-mer. Des unités de la Marine appareillent avec à leur bord de la craie, des produits dispersants et détergents. Face à l'ampleur sans précédent du déversement, ces moyens dérisoires ne seront pas d'un grand secours.
A l'aube du 17, c'est un spectacle de désolation que découvrent les habitants. une épaisse nappe marron écrase les vagues et se répand lourdement sur les plages et les rochers. L'odeur écoeurante du brut est transportée par les rafales loin à l'intérieur des terres. En quelques jours, ce sont quelque 300 kilomètres de côtes qui sont souillées. Pour toute une région, c'est une catastrophe économique qui vient s'ajouter au désastre écologique. La pêche, l'ostréiculture, la récolte des algues, le tourisme en sont les premières victimes. Mais il faut faire face et dans un magnifique élan, militaires ou marins, volontaires locaux ou lointains, enfants des écoles ou retraités, armés surtout de leur farouche volonté vont entamer le nettoyage de chaque mètre carré de littoral souillé. Cette tâche obscure autant que nauséabonde demandera plusieurs mois.
Avec les catastrophes du Torrey Canyon, de l'Olympic Bravery, du Boehlen puis celle de l'Amoco-Cadiz, l'intolérable est atteint et les élus locaux décident d'attaquer la Standard Oil de Chicago en justice. Le procès durera 15 années au terme desquelles le procureur Mc Garr obtiendra finalement la condamnation du pollueur et 1045 MF de dommages.
Pour
la première fois, une puissante compagnie pétrolière
est condamnée et le même jugement sera rendu par la suite contre
la compagnie Exxon responsable avec l'échouage de son Exxon-Valdez
d'une pollution de grande ampleur en Alaska.
Epave pétardée dont il ne reste que le chateau arrière et quelques débris épars. Réduite à un tas de ferrailles. Fond moyen 20m; Hauteur par rapport au fond 15m; Nature du fond: rocher
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